Devenir enseignant en cours du soir : parcours et épreuves

Un chapitre de Maxime Duquesnoy et Jérémy Lambert sur les enseignant·es de seconde carrière qui préparent le CAP en promotion sociale : épreuves, figures étudiantes et triangle réflexif.

Devenir enseignant en « cours du soir » : parcours, épreuves et tensions est un chapitre de Maxime Duquesnoy et Jérémy Lambert, publié dans l’ouvrage collectif Aux marges de l’institution scolaire : l’éducation dans et hors la classe (Octares, 2024).

Il s’intéresse aux enseignant·es de « seconde carrière » : des adultes qui se forment au métier en suivant le Certificat d’Aptitudes Pédagogiques (CAP) dans l’enseignement de promotion sociale, aujourd’hui Enseignement pour Adultes, en Belgique francophone.

Une double transition

Ce public adulte, très hétérogène, vit deux changements en même temps : le retour aux études et l’entrée dans le métier d’enseignant. En s’appuyant sur la sociologie du travail et de l’éducation (Coulon, Millet, Barrère), les auteurs lisent la formation comme un double apprentissage : celui du métier d’étudiant et celui du métier d’enseignant, chacun avec ses tâches et ses épreuves.

L’enquête combine une approche quantitative, de l’observation ethnographique et l’analyse d’écrits d’étudiant·es. Elle met en évidence des tensions récurrentes :

  • la gestion du temps, entre travail, famille et cours du soir ;
  • le rapport au verdict scolaire, quand on redevient évalué·e ;
  • l’injonction à la réflexivité ;
  • l’articulation entre savoirs théoriques et attentes très concrètes de professionnalisation.

Quatre figures étudiantes

Pour rendre compte des stratégies des apprenant·es face aux exigences de la formation, le chapitre propose une typologie originale :

  • l’explorateur ;
  • le négociant ;
  • le scrupuleux ;
  • le réfractaire.

Le triangle réflexif

Les auteurs proposent ensuite un modèle, le triangle réflexif, qui fait interagir trois pôles : l’étudiant·e, l’enseignant·e en devenir et le formateur ou la formatrice. Ce dernier pôle oscille entre deux figures : le garant institutionnel et le pédagogue accompagnateur.

Ce modèle aide à comprendre pourquoi certain·es s’affilient à la formation et d’autres rompent avec elle, et donc les phénomènes d’accrochage et de décrochage. Il offre un outil pour penser la formation des enseignant·es adultes, bien au-delà de la seule promotion sociale.

Pour qui ?

Une lecture utile pour les formateurs et formatrices de CAP ou de CAPAES, les directions et coordinations de l’Enseignement pour Adultes, et toute personne qui accompagne des adultes en reconversion vers l’enseignement.

L’ouvrage collectif

Dirigé par les sociologues Géraldine Bois et Sabrina Sinigaglia-Amadio (Université de Lorraine) et issu du 3e Festival international de sociologie d’Épinal, Aux marges de l’institution scolaire étudie des situations éducatives moins visibles : stages, visites scolaires, éducation à la sexualité, instruction en famille, jardins partagés, street workout…

Références bibliographiques

  • Auteurs du chapitre : Maxime Duquesnoy et Jérémy Lambert
  • Chapitre : Devenir enseignant en « cours du soir » : parcours, épreuves et tensions, p. 121-142
  • Ouvrage : G. Bois et S. Sinigaglia-Amadio (dir.), Aux marges de l’institution scolaire : l’éducation dans et hors la classe
  • Éditeur : Octares, 2024, 288 pages
  • ISBN : 978-2-36630-142-7

Lire le chapitre sur Academia :

https://www.academia.edu/145810984/Devenir_enseignant_en_cours_du_soir_parcours_%C3%A9preuves_et_tensions

Découvrir l’ouvrage sur le site de l’éditeur :

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