Transformer des bouteilles, des gobelets et des barquettes en mini-jardins autonomes : une activité créative pour découvrir le bouturage, expérimenter et donner une seconde vie aux emballages.
Et si quelques emballages destinés à la poubelle devenaient de véritables petits jardins ?
Avec une tige de menthe, un peu de terreau et quelques contenants récupérés, les élèves peuvent fabriquer un système de culture ingénieux qui utilise une réserve d’eau pour favoriser le développement des racines.
Une activité accessible, économique et particulièrement intéressante pour aborder les sciences, les techniques et l’éducation à l’environnement.

Le principe : une réserve d’eau sous les plantes
Le montage consiste à placer une bouture de menthe dans un contenant percé, installé au-dessus d’une petite réserve d’eau.
Selon la conception choisie, l’humidité remonte par capillarité dans le terreau ou les racines se développent progressivement vers l’eau.
Trois réalisations sont possibles :
- Les gobelets sur barquette : plusieurs gobelets percés sont installés au-dessus d’une barquette contenant de l’eau.
- Les bouteilles suspendues : une bouteille coupée et retournée forme un pot au-dessus d’une réserve d’eau. Une mèche en coton peut assurer la remontée de l’humidité.
- La tour végétale : plusieurs bouteilles sont assemblées verticalement pour créer un jardin à étages, avec un système d’arrosage à concevoir.
Le matériel nécessaire
- Des bouteilles en plastique, gobelets ou barquettes propres
- Des tiges de menthe de 10 à 15 cm
- Du terreau léger
- De l’eau
- Des ciseaux
- Une pointe ou un outil adapté pour percer les contenants
- De la ficelle pour les modèles suspendus
- Éventuellement, une mèche en coton
Durée : 45 à 60 minutes pour la fabrication, puis plusieurs semaines d’observation.
Difficulté : facile pour les gobelets, intermédiaire pour les bouteilles et la tour végétale.
Les étapes de fabrication
1. Préparer les contenants
Nettoyer les emballages récupérés. Percer quelques trous au fond des gobelets ou découper les bouteilles selon le modèle choisi.
Les découpes délicates seront réalisées par un adulte.
2. Préparer les boutures
Prélever des tiges de menthe saines de 10 à 15 cm. Couper juste sous un nœud et retirer les feuilles situées sur la partie inférieure.
3. Installer les plants
Remplir les contenants de terreau légèrement humide. Insérer chaque bouture en enterrant au moins un nœud, puis tasser délicatement.
4. Installer la réserve d’eau
Positionner les pots au-dessus de leur réserve. Veiller à ce que le substrat reste humide sans être constamment détrempé. Pour les bouteilles, une mèche en coton peut faciliter l’alimentation en eau.
5. Observer la croissance
Installer les réalisations près d’une fenêtre lumineuse, sans soleil direct trop intense.
Vérifier régulièrement le niveau d’eau et renouveler l’eau stagnante au moins chaque semaine. Observer l’apparition des racines et des nouvelles feuilles.
Dans de bonnes conditions, l’enracinement peut commencer après une à trois semaines.
Une activité pour expérimenter en classe
Au-delà de la fabrication, cette activité offre de nombreuses possibilités d’apprentissage.
En sciences :
- Comprendre la reproduction végétative et le bouturage.
- Identifier les besoins des plantes.
- Observer le développement des racines.
- Explorer les phénomènes de capillarité et d’évaporation.
En formation manuelle, technique, technologique et numérique :
- Imaginer et dessiner un dispositif de culture.
- Choisir des matériaux de récupération adaptés.
- Mesurer, découper, assembler et stabiliser une structure.
- Tester l’efficacité du système d’arrosage.
- Améliorer le prototype à partir des observations.
En éducation à l’environnement :
- Réfléchir au réemploi des emballages.
- Comparer différentes solutions d’arrosage.
- Sensibiliser à la consommation d’eau.
- Découvrir la culture de plantes aromatiques.
Le petit défi scientifique
Et si les élèves comparaient plusieurs systèmes ?
Un premier groupe utilise un pot classique, un deuxième un gobelet avec réserve d’eau et un troisième une bouteille équipée d’une mèche.
Pendant trois semaines, les élèves mesurent la croissance des plants, observent l’humidité du terreau et consignent les quantités d’eau ajoutées.
Les résultats peuvent être présentés dans un tableau ou un graphique.
La question à explorer : quel dispositif permet de maintenir une plante en bonne santé avec le moins d’interventions et quelle quantité d’eau ?
Quel lien avec le référentiel FMTTN ?
| Année | 5e primaire (P5), prolongements possibles en P6 |
| Volet | Formation manuelle, technique et technologique |
| Champ | Techniques de culture (champ complémentaire : Matières et matériaux) |
| Savoirs | « Utiliser, en fonction de la tâche à réaliser par les élèves, le vocabulaire spécifique lié aux composants organiques. Proposer au moins une possibilité de valoriser (réduire, réutiliser, réparer, recycler, composter) la partie non utilisée d’un consommable, d’un végétal. » |
| Savoir-faire | « Appliquer des gestes techniques horticoles, sous la supervision de l’enseignant, dont préparer le substrat. Expliquer le mode de mise en œuvre et les conditions de culture, sur la base d’informations techniques visuelles et textuelles fournies et recherchées sur les semis, le plant (calendrier cultural). » |
| Attendu (compétence) | « Cultiver, sous la supervision de l’enseignant, un végétal selon un mode de culture défini, en tenant compte du lieu et des conditions de production (substrat, calendrier des semis, température, luminosité, hygrométrie). Aménager un lieu de production, en vue de rencontrer les conditions de réussite de semis ou de plantation. » |
| Mise en œuvre | Prélever et planter des boutures, préparer le terreau, aménager une réserve d’eau, suivre l’arrosage, l’enracinement et la croissance |
Ces correspondances sont des pistes : vérifier les attendus dans le référentiel avant toute évaluation.
Pour aller plus loin
Les élèves peuvent personnaliser leurs réalisations, fabriquer une tour végétale collective ou créer un petit jardin aromatique pour la classe.
Une activité qui associe créativité, démarche expérimentale et réemploi, tout en montrant qu’un objet destiné à être jeté peut devenir le point de départ d’un véritable projet d’apprentissage.