Le GIS Marsouin publie les résultats d’une enquête consacrée aux usages et aux représentations de l’intelligence artificielle générative (IAG) chez les étudiant·es. Réalisée entre mars et mai 2026 auprès de 2 276 étudiant·es, cette étude permet de mieux comprendre la place prise par ces technologies dans les apprentissages, les méthodes de travail et les pratiques quotidiennes.
Rédigée par Pierre Le Bras et publiée le 1er octobre 2026, la synthèse s’intéresse notamment aux usages académiques, au niveau de confiance accordé aux réponses de l’IA, aux pratiques de vérification et à la compréhension de ses limites.
Une utilisation largement installée dans les études
L’enquête révèle que 93 % des étudiant·es interrogé·es utilisent l’IA générative au moins occasionnellement, dont 36 % quotidiennement.
L’intégration dans les pratiques académiques est également importante :
- 85 % utilisent l’IA générative dans le cadre de leurs études ;
- 75 % y recourent pour réviser des examens ;
- Plus de 60 % l’utilisent pour préparer des travaux dirigés, des travaux pratiques ou réviser un cours ;
- Plus d’un tiers déclarent l’utiliser lors d’un examen réalisé à domicile.
Ces usages concernent principalement la compréhension de concepts, l’amélioration de textes, la recherche d’informations et la production de résumés.
Un décalage entre les pratiques et leur encadrement pédagogique
L’un des constats importants concerne le manque de clarification des usages autorisés.
Plus de la moitié des étudiant·es indiquent que l’utilisation de l’IA générative n’a pas été discutée avec leurs enseignant·es. Seul·es 18 % déclarent avoir reçu une autorisation explicite.
Ce décalage soulève des questions concernant les consignes données aux étudiant·es, les modalités d’évaluation et les compétences réellement mobilisées dans les travaux réalisés avec l’aide de l’IA.
Une confiance limitée, mais des vérifications insuffisantes
Les résultats mettent également en évidence une relation ambivalente à l’intelligence artificielle.
Seul·es 16 % des étudiant·es considèrent les productions de l’IA comme fiables, et 11 % jugent les informations fournies exactes.
Pourtant, cette méfiance ne s’accompagne pas toujours d’une vérification systématique :
- 36 % déclarent vérifier systématiquement les sources ;
- 27 % le font souvent ;
- 86 % des utilisateur·rices ajustent leurs demandes par itérations successives pour améliorer les réponses obtenues.
L’étude montre également que la fréquence d’utilisation ne s’accompagne pas nécessairement d’une meilleure compréhension du fonctionnement des modèles ou de leurs limites.
Des usages qui dépassent le cadre académique
L’enquête explore enfin certaines pratiques plus personnelles, notamment le recours à l’IA comme « compagnon virtuel ».
17 % des étudiant·es interrogé·es déclarent utiliser l’IA pour discuter, obtenir des conseils ou rechercher un soutien émotionnel.
Cette pratique, encore minoritaire, soulève notamment des questions concernant la confidentialité des échanges et la place prise par ces outils dans les relations sociales.
Des enseignements pour l’enseignement supérieur et la formation
Cette étude constitue une ressource pour les équipes pédagogiques qui souhaitent mieux comprendre les pratiques réelles des étudiant·es et adapter leur accompagnement.
Elle invite notamment à réfléchir à :
- La clarification des usages autorisés de l’IA dans les activités d’apprentissage et d’évaluation ;
- L’intégration de la littératie de l’IA dans les formations ;
- L’apprentissage de la vérification des informations et de l’analyse critique des réponses ;
- L’évolution des modalités d’évaluation pour mieux apprécier les compétences réellement acquises ;
- L’accompagnement des étudiant·es vers des usages autonomes, réfléchis et responsables.
L’enquête rappelle ainsi que l’enjeu ne se limite plus à savoir si les étudiant·es utilisent l’intelligence artificielle, mais à comprendre comment ils et elles l’utilisent et ce que ces pratiques changent dans leurs apprentissages.
Les résultats doivent néanmoins être interprétés avec prudence : l’échantillon, principalement constitué d’étudiant·es de Bretagne et des Pays de la Loire, n’est pas représentatif de l’ensemble de la population étudiante.
Consulter la présentation de l’enquête :
https://www.marsouin.org/article1459.html
Télécharger la synthèse des résultats (PDF, 5 pages) :
https://www.marsouin.org/IMG/pdf/2026_marsouin_iaapprentissage_quanti_synthese_vf.pdf