Une requête adressée à une intelligence artificielle consommerait un litre d’eau. Cette affirmation, régulièrement relayée sur les réseaux sociaux, illustre la difficulté de mesurer et de comprendre les conséquences environnementales de l’IA.
Dans une vidéo publiée par Numerama, Julien Cadot revient sur la consommation d’eau des centres de données et sur les chiffres fréquemment utilisés pour sensibiliser le public à l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle.
D’où viennent les chiffres sur la consommation d’eau de l’IA ?
Une étude scientifique souvent citée estimait qu’environ 500 millilitres d’eau étaient nécessaires pour produire entre 10 et 50 réponses de GPT-3, selon les conditions et le lieu d’utilisation.
Cette estimation ne signifie donc pas qu’une seule requête consomme un demi-litre d’eau, et encore moins un litre.
La réalité est plus complexe, car plusieurs facteurs interviennent :
- Le refroidissement des centres de données : certaines installations utilisent de l’eau pour évacuer la chaleur produite par les serveurs ;
- La production d’électricité : selon les sources d’énergie mobilisées, celle-ci peut également nécessiter de l’eau ;
- La localisation des infrastructures : le climat et la disponibilité des ressources en eau influencent les besoins et leurs conséquences ;
- Les technologies utilisées : les systèmes de refroidissement et l’efficacité énergétique varient d’une installation à l’autre.
Il est également nécessaire de distinguer l’eau prélevée de celle effectivement consommée, notamment par évaporation.
Des impacts environnementaux bien réels
Selon les données publiées par l’Arcep en mai 2026, les centres de données français étudiés ont directement prélevé 575 000 m³ d’eau en 2024.
En tenant compte de l’eau utilisée indirectement pour produire leur électricité, le volume total est estimé à près de 6,5 millions de m³.
Ces données concernent les opérateurs couverts par l’enquête et non l’ensemble des centres de données français. Elles ne permettent pas non plus d’isoler la part spécifiquement imputable à l’intelligence artificielle.
La consommation électrique croissante des centres de données et les pressions qu’ils peuvent exercer sur les ressources locales constituent néanmoins des enjeux environnementaux importants.
Une vidéo pour développer l’esprit critique face aux chiffres
Cette vidéo constitue un support intéressant pour aborder plusieurs questions en classe ou en formation :
- Comment interpréter un chiffre présenté sans son contexte ?
- Pourquoi faut-il revenir à la source d’une information ?
- Quelle différence existe-t-il entre une estimation scientifique et une mesure réelle ?
- Comment comparer des données qui ne portent pas sur les mêmes périodes ou périmètres ?
- Quels choix techniques, industriels et politiques peuvent contribuer à réduire l’empreinte environnementale du numérique ?
Elle permet ainsi de travailler à la fois l’éducation aux médias, la lecture critique des données et les enjeux environnementaux de l’intelligence artificielle.
L’objectif n’est pas de minimiser les impacts du numérique, mais de mieux les comprendre pour alimenter une réflexion fondée sur des données contextualisées.
Visionner la vidéo de Numerama :
Consulter les données environnementales de l’Arcep :