Dans Apprendre malgré l’école, Raoul Rekier propose une réflexion critique sur le fonctionnement du système scolaire et sur la place accordée aux apprentissages dans nos sociétés. L’auteur questionne une évidence profondément ancrée : apprendre signifie-t-il nécessairement aller à l’école ?

En prenant appui sur son expérience de terrain, sur le système éducatif de la Fédération Wallonie-Bruxelles et sur différentes contributions issues des sciences humaines, il invite à repenser les relations entre scolarisation, évaluation, réussite et apprentissage.
Quand l’école prend le pas sur les apprentissages
L’ouvrage part d’un constat critique : la réussite scolaire, l’obtention de diplômes et la conformité aux attentes institutionnelles ne garantissent pas nécessairement des apprentissages significatifs.
Selon l’analyse développée par l’auteur, l’importance accordée à la performance, à la sélection et à l’évaluation risque parfois de détourner l’école de sa mission première : permettre à chacun·e d’apprendre et de se développer.
Cette réflexion l’amène à interroger plusieurs fondements du modèle scolaire :
- La place centrale du diplôme dans la reconnaissance des compétences ;
- Les mécanismes de sélection et de reproduction des inégalités ;
- La méritocratie et les limites de l’égalité des chances ;
- Le poids des évaluations et des exigences institutionnelles ;
- La relation entre les élèves, les savoirs et les apprentissages.
Apprendre au-delà des murs de l’école
L’auteur s’appuie notamment sur les travaux d’Ivan Illich, Paulo Freire, Edgar Morin, François Dubet et James C. Scott pour élargir la réflexion.
L’apprentissage ne serait pas uniquement le résultat d’un enseignement organisé. Il se construit également à travers l’expérience, les relations, l’engagement personnel, les situations rencontrées et les savoirs développés dans l’action.
Cette approche conduit à questionner la place de l’école dans un ensemble plus vaste d’environnements où les individus apprennent tout au long de leur vie.
Vers une société apprenante
Au-delà de la critique institutionnelle, Apprendre malgré l’école invite à envisager d’autres manières de penser l’éducation.
L’auteur propose de replacer l’apprentissage au centre des préoccupations et d’imaginer un écosystème éducatif plus ouvert, dans lequel l’école ne serait plus considérée comme l’unique lieu légitime de construction et de reconnaissance des savoirs.
Cette réflexion peut alimenter les débats sur l’éducation tout au long de la vie, la valorisation des acquis de l’expérience, l’autonomie des apprenant·es et la diversification des espaces de formation.
Une réflexion qui dépasse le cadre scolaire
Bien que l’ouvrage porte principalement un regard critique sur l’institution scolaire, plusieurs interrogations peuvent également intéresser les acteur·rices de l’Enseignement pour Adultes.
La reconnaissance des apprentissages réalisés en dehors des établissements, la prise en compte de l’expérience et la construction de parcours adaptés constituent autant de questions qui traversent les pratiques de formation des adultes.
Le livre peut ainsi nourrir une réflexion sur la finalité des dispositifs éducatifs : former pour certifier ou certifier des apprentissages réellement construits ?
Sans nécessairement partager toutes les analyses de l’auteur, cet essai constitue une invitation à interroger les évidences pédagogiques et institutionnelles qui façonnent nos représentations de l’apprentissage.
Références bibliographiques
- Auteur : Raoul Rekier
- Titre : Apprendre malgré l’école
- Édition : Le Livre en Papier
- Genre : Essai
- Pagination : 247 pages
- ISBN : 978-2-8083-4119-6
Découvrir l’ouvrage :
https://www.publier-un-livre.com/fr/le-livre-en-papier/5355-apprendre-malgre-l-ecole
Raoul REKIER

Raoul Rekier a construit son parcours à la croisée de multiples expériences au sein et en dehors de l’institution scolaire : élève, étudiant, assistant social dans l’enseignement spécialisé, formateur d’adultes, directeur adjoint puis directeur d’établissement, conseiller ministériel, responsable dans le secteur de l’Aide à la jeunesse, parent.
Ces fonctions lui ont permis d’observer le système éducatif sous différents angles et d’en éprouver à la fois les promesses et les limites. Nourrie par ces expériences de terrain et par les apports des sciences humaines, sa réflexion s’inscrit dans une volonté de comprendre pourquoi l’école peine à faire apprendre et comment redonner à l’apprentissage sa dimension vivante, émancipatrice et essentielle.